Avec le Zom, on a beaucoup, beaucoup déménagé. Depuis qu’on est ensemble, j’ai déménagé tous les 2 ans en moyenne. Entre les déménagements d’étudiants dans des studios, puis parisiens dans des appart’ à peine plus grands, et les aménagements ensemble, puis les enfants… Beaucoup de moi est resté dans les cartons. Pas de place au départ, puis pas le temps, puis la vie. Puis moi qui reste dans des cartons. Amputée de mes affaires, mes centres d’intêréts, mes loisirs. Privée de moi.

Ca parait bizarre, mais maintenant qu’on est définitivement installé (enfin j’espère!!), et qu’on a de place (enfin presque!), je rouvre des vieux cartons et j’ai l’impression de me découvrir. Des choses conservées dans des cartons pendant des années rejaillissent, et gardent pourtant tout leur intêrét pour moi. Comme si, j’avais enfermé des parties de moi et cherché à les remplacer par des ersatz de moi pendant quelque temps.

 

C’est vraiment étrange, j’ai l’impression que tous ces déménagements ont participé à m’enlever des parties de moi. Par exemple, mes tubes de peintures et mon chevalet ont été mis dans le garages pendant des années! Alors, bon, soyons honnêtes, je peins comme une merde. Soit. Mais ça me plait, ça me détent de peindre. Et j’ai besoin de sortir de moi, de créer des choses, de partager. Pourtant tout mon matériel a été rangé et enfouilli. Alors oui c’est vrai qu’entre le boulot et les enfants j’ai moins de temps, mais ça me rendrait plus heureuse de faire des babioles en tissage ou en perles ou peindre, que de faire la larve devant la télé le soir avec l’homme…

 

Pourtant c’est ce que j’ai fait pendant des années. Je ne comprends pas trop ce choix. Je ne m’étais pas rendu compte, sans doute, du besoin que cela représente pour moi de créer. Avec le recul, je pense que cela a joué dans mon problème d’identité. Si je m’enlève ce qui me définit, forcément, j’arrive à un stade où je ne me (re)connais plus.

 

Le problème étant qu’entre ce moment où je me suis mise dans des cartons et maintenant, j’ai essayé de remplir le « vide ». J’ai acheté, récupéré plein de trucs et je n’ai plus la place pour « Moi ». Je dois trier. Faire des choix. Qui de l’ancienne moi, mise en cartons il y a 5 ou 6 ans, ou plus parfois, et de l’actuelle moi a raison? Qui satisfera mieux la future moi? Ca parait étrange sans doute, mais pour moi l’enjeu est de trouver ce qui au fil du temps reste stable. Ce qui me lie au passé, les objet du passé auxquels j’attache toujours autant d’importance, et ceux du présent qui ont pris autant d’importance. Et ceux qui bien sûr ne me servent plus. Il y a un peu de la méthode KonMarie là dedans. Certes. Mais est-ce un tord?

 

Quand j’étais enfant, autour de 10 ans, j’avais lu dans un Picsou Magazine (ou un journal de Mickey? – oui je sais c’est une référence d’un sérieux et d’une fiabilité à toute épreuve!) un conseil d’enfant à enfant (rubrique courrier je pense) que si on n’était pas bien, il fallait ranger. Ce conseil m’a toujours suivie en fait, et je range quand ça va pas. Paradoxalement, je passe pour bordélique. Sans doute parce que quand je vais bien, je range peu… Toujours est-il qu’en ce moment, j’essaie de prendre le temps pour sortir peu à peu, mon « moi » de mes cartons et de me rassembler. Pour cela, il faut que je dégager des choses qui ne me correpsondent pas, et choses faites pour remplir un vide mais pas pour m’accomplir.

 

C’est intéressant de remarquer qu’il y a une vague d' »home organizers » depuis quelques années. C’est vrai qu’on ne trouve que ce qu’on cherche, et sans doute mon besoin de ranger et organiser m’a amenée à voir cette vague pré-existante. Mais quand même. Il me semble que, que ce soit les coachs, les développeurs personnels, le feng shui, KonMarie et autres « home organizers » ou encore minimalistes, « zéro-déchetistes », tous semblent s’accorder sur un point :

« il faut se désencombrer pour être mieux! »

 

J’ai tendance à croire, que si des gens d’horizons différents, de systèmes de croyances différents en arrivent àune conclusion similaire, il doit y avoir une VERITE dans cela. Un peu comme « tu ne tueras point » qui quelle que soit la religion, le lieu ou l’époque prévaut. Alors je m’y atèle peu à peu. En fait, je me rends compte que si j’ai du mal à me lancer, je sais très bien faire. Je peux même devenir maniaque. Mettre les choses dans des cases, faire des rapprochements, des groupes de similitudes… C’est étrange pour quelqu’un qui a du mal à trouver sa case. Enfin, plus maintenant mais bon.

 

En tous cas, je tire de cela un premier enseignement : il faut ranger. Mais range ça veut dire quoi? Pour le Zom, ça veut dire : ne plus voir le bordel. … Comment vous dire? Je ne partage pas du tout ce point de vue!! Pour moi, ranger a quelque chose de l’organisation. Ranger c’est mettre à sa place. Ranger a quelque chose de l’ergonomie. Ce presse purée que j’utilise rarement je le mets devant ou derrière le batteur électrique que j’utilise tous les 2 jours?

 

Le rangement, l’organisation, l’ergonomie. Tout ça se rejoint en ce moment. Je me trie, je trie mes affaires, je range et je place en fonction de ce que je veux faire ressortir. Mes affaires de travaux manuels? Hop, sous la main. Facile à prendre, facile à s’y remettre, facile à reranger. Moins je me mets de contraintes, plus je peux utiliser les choses. Mes livres? Ils ne seront plus au fond de la maison loin de moi, mais dans le salon. Les jeux de société? Idem. Parce que finalement, je suis humaine et plus il y a d’étapes à franchir avant un résultat, moins il y a de chance que je m’y mette. C’est une règle de base en ergonomie. J’en fais un mantra.

 

Je matine le tout d’un peu de feng shui. Ca parait bête. Ca l’est sans doute. Mais si le feng shui dire qu’il vaut mieux mettre des cailloux dans telle zones et que j’ai des cailloux à ranger, bah pourquoi ne pas les mettre dans ce secteur?

Concrètement, je ne sais pas si ça marche, mais je sais que ranger est un des premiers commandements du feng shui et que j’ai des cailloux à ranger quelque part parce qu’ils me rappellent que je suis attaché à la terre, à la nature et ce depuis toujours. Pas un intêret néé récemment, non, un centre d’intérêt profond, ancré en moi ; depuis que je suis petite, je ramasse des cailloux et les classe. J’ai fini mes études avec un diplôme en géoscience.

Pourtant, depuis que je vis avec le Zom, mes cailloux sont rangés, ou plutôt cachés dans le garage, dans un carton, emballés séparément les un des autres pour ne pas s’entrechoquer. Et pourtant j’oublie, je doute de moi et de ce que j’aime parce que je cache, je me cache ce que j’aime. Ce qui m’apaise. Etonnament en feng shui, le centre d’une maison est rattaché à la terre et est supposé être le pilier énergétique d’une maison. Forcément difficile de ne pas y voir un lien. Mais tout aussi difficile d’y voir une preuve validant le feng shui. Disons, c’est un passe temps qui ne crée pas de problème, donc acceptable.

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