Bien souvent, c’est en lisant des articles de blog que je trouve mon inspiration en ce moment. Mes réponses deviennent des billets. Comme par Mlle Farfalle il y a quelques temps à propos des belles rayures de sa fille si spéciale. Ce soir, c’est un article de Vanina Gallo, coach de vie et graphiste qui m’a interpellée et fait réagir.

 

Dans son article, elle trace un portrait des « surdoués » (Diantre! Que je n’aime pas ce terme!!). Deux éléments m’ont fait réagir dans mon son protrait :

    • d’abord je m’y suis reconnue presque traits pour traits dans ce mécanisme de créaction d’un masque, d’une armure de pseudo-normalité.
    • Ensuite cette recherche du jumeau… Comment dire? Il y a quelques moi je disais à ma psy : « j’ai toujours voulu avoir un jumeau. Un frère, pas une soeur. Un moi, pas tout à fait moi. » Une vision pareille mais différente de moi, de lui et du monde. Un miroir en quelque sorte qui me comprenne et me soutienne et que je soutienne. Alors forcément, ça résonne en moi, quand Vanina écrit :

Le surdoué se fonde en amour sur ses besoins : rencontrer son jumeau ou complice, le faire devenir familier, être protecteur et être protégé ; le tout, tout de suite de préférence.

 

Merci Vanina pour cet article.

 

Ce besoin de sortir masquée m’a toujours collée à la peau. Enfin… C’était plus comme une vierge de fer à vrai dire. Vous savez, ce sarcophage moyen-âgeux empli de pics qui s’enfonçaient dans votre chaire jusqu’à ce que mort s’ensuive en général.

Le masque de la normalité pour un Zébre…

 

Voilà. Ben moi j’étais dedans. Dehors j’étais « normale », dedans c’était une torture! Et voilà que je découvre que même ma fratrie me savait « anormale »! Que mes parents le savaient, que l’école le savait, mais que personne n’a jamais jugé bon de m’en parler, à moi! Parce que, aprés tout, je ne suis pas concernée, j’imagine. Si les autres le voient, moi je suis trop bête pour le voir aussi que je ne suis pas normale… Donc en toute logique mes parents m’ont toujours tenu des discours de normalité, voir de banalité, d’insiginfiance. Non les instit’ se souviennent de moi-parce-que-j’étais-bavarde-c’est-tout-sans-plus. Non, j’ai toujours été bonne éléve mais dans la moyenne normale, sans plus. Rien d’anormal pas un cheveu, pas un poil qui dépasse.

 

Bref! Tout ce que je sentais bien au fond de moi ne pas être vrai, et ce depuis que je suis gamine! La sensation d’être extra-terrestre, le besoin inscruté, le devoir absolu, toujours plus en profondeur de mon être de paraitre normale, de ne pas m’exprimer, de ne pas sortir du moule d’où je débordais de tous les côtés… Non pas de jeans trop déchirés, pas de vétements trop noirs, pas de tatouages visibles, pas de piercing… Que je regrette!!

 

Que je regrette de ne pas avoir ouvert ma cage! Pourtant, un zèbre ça se glisse, ça ondule, ça rampe, se faufille, se dédage… Ah? Non ça c’est les serpents dites-vous? Ah! Au temps pour moi alors je me trompe de classe.Ca vole alors? Non que je regrette de ne pas m’habiller aujourd’hui en punck/gothique/hippie, non ça ça va. Non je regrette de ne pas avoir eu l’audace de le faire quand j’en avais envie.

J’aurais eu une classe folle comme ça!!!

 

Non pas que je regrette mes études, mes possibilités. On peut se faire diagnostiquer aprés, à l’âge adulte, on est zèbre et on le reste. On peut rattraper une vie professionnelle, un choix de carrière, une orientation, reprendre des études, … Mais s’autoriser à être soi? Ca reste très TRES difficile!! Et très bloquant! Dans mon cas, comment devenir reconnue dans son métier quand dans le même temps, on se doit, on s’impose, on s’inflige d’être le plus invisble possible?
« Je me suis interdit de… Aujourd’hui je m’autorise… » Je me suis arrêtée un instant. Cette phrase m’a choquée. Dans le bon sens. C’est la deuxième aujourd’hui qui me dit la même chose, la deuxième sur laquel je tombe sans chercher. La première étant à peu prés « Si tu ne t’intègres pas à ce monde, c’est que tu es destinée à le changer ».C’est ainsi que je vais la retenir en tous cas.

 

Je ne crois en rien. Mais parfois les coïncidences n’en sont peut-être pas. Et je vais donc m’atteler à m’autoriser à changer. M’autoriser à être moi, à êre différente. Peut-être pas encore à en parler à mes parents, mais un jour j’y serais prête. Ou eux le seront. Ou je m’en ficherai vraiment…

 

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Je vais sans doute imprimer cette image avec cette citation pour toujours m’en souvenir. Il parait que mettre des citations dans son bureau pour se motiver c’est un truc qui marche. Je testerais. Qui sait?

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