Ces temps derniers, les réseaux sociaux libèrent la parole des femmes qui dénoncent les agressions constantes dont elles sont victimes au quotidien. C’est édifiant. Le hashtag #balancetonporc et les témoignages #metoo m’ont interpellée.

 

J’ai bien sûr (ou plutôt malheureusement) eu mon lot de sifflets et commentaires graveleux dans le métro parisien. Mais à part un « camarade » au lycée très/trop relou (c’était un ado un peu amoureux sans doute, mal à l’aise dans ses baskets mais relourd quand même), je n’ai pas été confrontée à des comportements déplacés. Je me suis interrogée sur l’origine de cette « chance ». Chance qui devrait être une normalité, soit dit en passant.

 

En fait, je me suis rendue compte que ma mère me considérait comme rebelle et que j’ai sans doute adopté un comportement rebel, fier, différent, revèche. Avec mes cheveux longs pas coiffés, mes chemises en jeans et mes jeans trouées j’étais pas très… Comment dire… pas très avenante. Quand un garçon m’abordait, je répondais séchement. Je m’étais bati une réputation de « vieille carne ». J’ai appris plus tard que certains n’osaient pas/plus venir me voir. Du coup j’ai été assez tranquille.

 

Il est tout de même pathétique qu’il faille passer pour une vieille carne mal embouchée pour être tranquille. Il est pathétique qu’en fait, il faut que les gens aient peur de vous pour que vous ayez juste la paix. Il est pathétique que ce côté « dur », « rebelle » de ma personne soit devenu mon armure, mon faux-self. Parce que je me suis construite derrière cette armure. Je me suis construite avec cette armure. Je ne suis pas une « rebelle » quoi qu’en pense ma mère. Bien sûr, je pense qu’il faut changer des choses dans le monde (beaucoup de choses!), mais je suis très loin d’être une révolutionnaire. Si ça vous intéresse, sachez que je considère que ce qui s’acquière dans la violence et la rapidité, se perd aussi vite et de la même façon. Ce n’est pas durable. Ce qui par contre s’aquière par l’effort quotidien est beaucoup plus durable. Mais je m’éloigne de mon sujet.

 

La rebellion, ma rebellion n’était qu’une attitude d’adolescente, tout ado à un moment le devient plus ou moins. Ma mère m’a affublée de cette étiquette. Dans ses yeux, dans ses propos j’étais une rebelle. Je le suis devenue par mimétisme. Par nécessité. Parce que dans cette « case », je semblais exister pour elle. Non pas que je n’existais pour elle, mais plus qu’elle avait un besoin de ranger les gens dans des cases et que cette case était pour elle celle qui me correpsondait le mieux. Pourtant, je suis quelqu’un qui a un besoin d’autorité très fort. Tout le contraire d’une rebelle. Bon par contre, il faut que cette autorité soit légitime hein… Je parle bien d’autorité et non d’autoritarisme. D’autorité compétente.

 

Au final, alors que mon moi a un besoin d’autorité, je me suis construite un faux-self en opposition avec l’autorité. Cherchez l’erreur (un indice : c’est facile). Ca explique sans doute ma bizarrerie, le côté bancal de ma personnalité que je ressens parfois. Le problème, c’est que quand on se contruit un faux-self, et qu’on s’y conforme trop longtemps, que la période où on est supposé se construire soi, on construit un faux-soi, et bien on a tout les peines du monde à se retrouver soi-même. Parce qu’au final, le faux-self teinte la vraie personnalité et sans que les deux ne se rejoignent totalement, elles finissent par converger. Et faire converger deux oppositions c’est pas simple. Cela dit, l’excellence est au centre. La médiocrité aussi. Reste à savoir vers lequel ma personnalité tentera.

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